Le sucre, un nouveau venu dans l'alimentation qui ne vous veut pas que du bien...

Pavlova
Pavlova

Pas de sucre jusqu'à la fin du Moyen Âge

 

Le sucre était encore quasi inconnu en Europe à la fin du Moyen Âge. Seuls quelques croisés en avaient rapporté d'Orient, les Arabes ayant découvert la canne à sucre en Inde au Xe siècle.

Mais il s'agissait d'un produit rare et précieux. Les fruits confits au sucre étant considérés comme le plus beau cadeau qu'un chevalier puisse rapporter à sa dame. Les fruits confits étaient connus des Romains, mais ceux-ci les faisaient cuire dans le miel, non dans le sucre, qu'ils ne connaissaient pas.

 

La révolution de la betterave à sucre

Au XIXe siècle, la découverte des techniques industrielles pour transformer la betterave sucrière en sucre cristal en Europe entraîne une explosion de la production, multipliée par 1000 .

Le sucre envahit tout : la pâtisserie, la boulangerie, la viennoiserie, les boissons chaudes et froides (limonade), les sauces et bien sûr la confiserie. Les bonbons deviennent le symbole de l'enfance heureuse, de la joie, de la fête (Saint-Nicolas, Noël, anniversaires...).

De produit de luxe, le sucre devient produit banal, complètement intégré à nos habitudes, et ce d'autant plus que nos organismes sont désormais « demandeurs » de glucose à chaque étape de la journée.

Sans apport constant de « petit sucre » dans le café, de « petit chocolat », de chewing-gum, de bonbons et de snacks en tout genre, nous avons l'impression de déprimer. En France, la consommation annuelle de sucre par habitant est de 35 kg. Aux Etats-Unis, elle est de 79 kg par an et par habitant. 

 

L'obésité, symbole de la prospérité

Ce bouleversement a entraîné une kyrielle de maladies. Dès le XIXe siècle, l'obésité devient le blason de la bourgeoisie d'affaires. Ce phénomène nouveau (à cette échelle) est d'abord perçu comme un signe de prospérité, et il faudra un siècle entier pour que les mentalités évoluent, et comprennent qu'il s'agit en réalité d'un signe de maladie.

Le sucre, une drogue ?

En effet, l'ingestion de sucre provoque une sensation d'euphorie et de satiété. Mais après un pic de production d'insuline, le taux de sucre (glycémie) s'effondre brusquement, provoquant un mal-être, voire une sensation d'étourdissement qui n'est autre que l'hypoglycémie. Le sujet se trouve dans un état de manque addictif qui le pousse à rechercher une nouvelle prise de sucre. Cette prise permet la disparition temporaire des sensations désagréables : anxiété, angoisse, fatigue, baisse de l'activité cérébrale (mémoire, acuité mentale...).

 

Le sucre et non la graisse première cause d'obésité

L'obésité est la conséquence physiologique d'une augmentation anormale de la graisse corporelle. Elle découle de l'absorption excessive de glucose qui pour gérer cet afflux provoque un pic d'insuline.

Immédiatement après le sang s'appauvri en sucre, ce qui provoque une hypoglycémie, poussant le cerveau à réclamer à nouveau du sucre et l'addiction s'installe insidieusement.

Les corps gras s'accumulent dans les tissus. L'obésité s'installe.

 

Le diabète en embuscade

Mais les problèmes ne s'arrêtent pas là. Gavées de sucre, les cellules perdent progressivement leur sensibilité à l'insuline, une hormone fabriquée par le pancréas, qui leur commande d'absorber le sucre sanguin.

Elles refusent d'intégrer davantage de glucose, le taux de glucose sanguin monte (hyperglycémie) et c'est bientôt le diabète de type 2 (diabète sucré).

Le diabète de type 2 est une maladie grave, car un sang trop chargé en sucre est toxique pour les parois des vaisseaux sanguins. Le sucre en circulation dans le sang provoque le rétrécissement des artères.

L'apport en oxygène diminue, abîmant les nerfs (neuropathie) et provoquant une perte de sensibilité.

En fait, le diabète de type 2 peut provoquer virtuellement des catastrophes dans tous les organes, les attaques cérébrales, l'infarctus, l'amputation des pieds et la cécité sont les conséquences les plus fréquentes.

 

Cure de désintoxication

Pour sortir de la dépendance au glucose, la première chose est de ne pas désespérer. Comme pour les drogues, le plus dur est toujours au début. Il faut savoir que vous pouvez assez facilement perdre l'habitude et le goût immodéré pour le sucre.

Ainsi boire son café ou son thé sans sucre, boire de l'eau plutôt que des boissons sucrées, est frustrant au départ. Mais il ne faut que quelques jours pour s'habituer à ce régime et développer un nouveau goût, beaucoup plus sensible au sucre, et beaucoup plus facilement écœuré face à l'excès sucré.

 

Privilégier les sources de glucose non sucrées

Réduire le plus fortement possible votre consommation de sucre ne doit toutefois pas vous priver entièrement de glucose. Le glucose est un carburant puissant et rapide pour nos cellules. Il est aussi important en tant que saveur, provoquant une mise en route des fonctions digestives et plus généralement hormonales et gastriques.

Mais il faut savoir que nous avons déjà dans notre alimentation de très nombreux aliments non sucrés et qui sont pourtant des sources majeures de glucose : pain complet, pâtes, légumineuses (lentilles, pois, haricots, fèves), céréales entières.

En aucun cas vous ne risquez de manquer de glucose sous prétexte que vous ne mangez plus de sucreries ! Et pour le goût sucré, plutôt que de vous tourner vers l'aspartame et les autres édulcorants chimiques, vous pouvez vous tourner en toute sérénité vers la stévia.

Consommer des aliments sucrés avec modération, retrouver le "plaisir" dans l'exception, est sans doute la voie de l'équilibre alimentaire.

Anna, Pour Nutrition des Sens

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